Le décret est paru au Journal officiel le 29 août dernier: les représentations auxquelles participent les célèbres choristes constituent, stipule le texte, "un temps de travail effectif". Le 29 avril dernier, les autorités avaient ordonné à la célèbre association de cesser ses activités, pour "défaut de rémunération". Un chanteur de la Croix de Bois donnant près de 70 concerts chaque année, le ministère de la Culture avait pris cette mesure afin de "respecter le rythme de repos des choristes et de cadrer la dimension pédagogique de l'association".
Une commission départementale s'est réunie sur le sujet et fixé un taux de rémunération pour les chanteurs en herbe: 80% du Smic horaire, soit dix euros environ par spectacle. Une très mauvaise nouvelle pour l'assocation catholique, qui avait déjà des difficultés à boucler son budget. Les parents des 90 garçons de 9 à 14 ans composant la troupe déboursent environ 320 euros par mois pour l'internat, la nourriture, les voyages, les tournées et l'éducation des élèves. "Cela ne représente qu'un quart du budget selon Pierre Traversac, président de l'association, d'autant que nous ne bénéficions d'aucunes subventions ni mécénats".
L'association a tout de même décroché une "subvention exceptionnelle pour l'année 2009" du ministère de la Culture.
Sur "Sure People"
Au mois de mai, suite à l'intervention de Brice Hortefeux, une "solution respectueuse de la législation du travail" avait été trouvée, permettant à la plus célèbre des chorales de continuer à exercer. Le litige portait principalement sur l'absence de rétribution des enfants, que l'association avait défendue en avançant que leur activité s'inscrivait dans le cadre d'un projet éducatif menacé de mort s'il fallait envisager une rémunération.
C'est pourtant l'issue qui vient d'être désignée, selon un décret paru au Journal officiel du 29 août qui stipule que "constitue un temps de travail effectif (...) la durée des représentations payantes auxquelles participent les enfants appartenant à une manécanterie développant une activité de production de spectacles itinérants dans le cadre du projet pédagogique d'un établissement d'enseignement".
Le préfet de l'Oise, à l'origine de cet épisode, aura la charge d'appliquer "la clé de répartition au niveau des rémunérations", sachant que le ministère du Travail, limitant à 60 le nombre de concerts par enfant dans une saison (de septembre à juillet) avait préconisé au mois de mai "une rémunération à hauteur de 80% du Smic brut, dont une partie sera consignée à la Caisse des Dépôts et leur sera versée à leur majorité".
Ça a failli être la croix et la bannière, mais tout s'est arrangé !